BigBug - Film (2022)

BigBug - Film (2022)

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Film de Jean-Pierre Jeunet Comédie et science-fiction 1 h 51 min 11 février 2022 (France)

Un groupe de banlieusards qui se chamaillent se retrouvent coincés ensemble lorsqu'un soulèvement androïde oblige leurs robots domestiques bien intentionnés à les en pour leur propre sécurité.

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17eme film de l'année 2022 et découverte du nouveau délire de Jeunet, on peut dire que c'est très clivant mais pas inintéressant!!!

Un groupe de banlieusards qui se chamaillent se retrouvent coincés ensemble lorsqu'un soulèvement androïde oblige leurs robots domestiques bien intentionnés à les enfermer pour leur propre sécurité

Que l'on adhère ou pas au métrage, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de la personnalité aussi loufoque soit elle dans celui-ci!

Forcément, ici, tous les potards sont poussés à fond et si Jeunet avait pu faire encore plus décalé, il l'aurait fait car c'est un genre d'auteur qui aime aller au bout de son idée et quoi de mieux ici pour démontrer toute l'artificialité d'un monde de construire tout un univers totalement déconnecté d'une quelconque vraisemblance.

En cela, il paraît normal avec ce propos que tout soit grotesque à la limite de la farce tellement tout est exagéré que ce soit le décorum, le design très toc, l'aspect cheap des SFX et de la tech montrée à l'écran ou encore la façon si particulière de construire les personnages du récit.

L'auteur cherchant justement à allier le fond et la forme ce qui par conséquent provoque une sensation de malaise chez certains ou curiosité chez les autres ce qui est recherché ici comme on peut le comprendre avec les indices que celui-ci sème que ce soit visuellement, vis à vis du titre et de son propos, afin de susciter un débat.

Le débat étant centré sur notre totale dépendance de choses artificielles matérialisées par nos centres d'intérêt vides de sens et superficiels nous abrutissant à l'instar du personnage de Claire Chust ou encore comment notre vacuité nous a poussé par paresse intellectuelle à non pas chercher un monde meilleur avec le développement des technologies (IA, robots domestiques,...) mais peu à peu perdre le contrôle de notre vie devenant des esclaves dominés par nos créations.

Le message derrière cette histoire loufoque est imminemment une critique sociale voire sociétale particulièrement acerbe de quelqu'un rejetant avec force avec un sarcasme prononcé une société de consommation qui a perdu de son humanité en cherchant paradoxalement à l'élever et la simplifier.

Ce véritable bug de l'humanité se transmettant à nos créations devenant à leur tour faillible, complétant la maxime "L'erreur est humaine" démontrant alors par une certaine ironie du sort que ce qui est crée par l'homme est aussi forcément à un certain degré faillible. Ce constat, par conséquence, doit nous rappeler qu'il faut toujours savoir prendre du recul en gardant cela en tête.

Pour en revenir au récit, celui-ci est très simple et ne cherche pas vraiment à surprendre (le propos -très paternaliste en soi- étant déjà noyé par le surplus d'informations visuelles) tant il est académique, mais plutôt à divertir avec plus ou moins de succès le spectateur hallucinant devant cet humour décalé et très mécanique- peu surprenant ceci étant la marque de fabrique de Jeunet.

Bien qu'un chouilla long (en fonction de l'acceptation ou non de la proposition artistique), il y a malgré tout certaines facilités pour accélérer le récit artificiellement rendant peut-être l'ensemble assez hésitant, le réalisateur étant peut-être alerte vis à vis de la capacité réduite du public à accepter un OVNI trop long.

Les personnages étant archétypaux et vides de sens comme le veut l'auteur en cherchant à caricaturer la société sont adéquats dans ce récit sarcastique et le casting à parfaitement saisi ce qu'il recherchait avec leurs jeux théâtraux à la limite du Cringe à l'instar des acteurs dans le films "Ma Loute". Je n'ai par conséquent rien à redire vis à vis de leurs prestations respectifs étant donné que cela marche vis à vis du thème de l'œuvre et que c'est en accord avec la volonté de l'artiste.

Visuellement, cela colle parfaitement avec la vision déformée qu'à l'auteur du monde et toute la bizarrerie, effet toc et délire visuel serve le propos avec une mise en scène millimétrée et une photographie très marquée grâce notamment à un décorum, costumes et accessoires hauts en couleur et très distincts. La partie sonore renforçant cette impression de décalé.

C'est au final un film ô combien particulier d'un créateur ayant décidé de pondre une œuvre rebrousse poil dans le but de servir un propos dénonciateur empli de sarcasme vis à vis de notre société consumériste qui a perdu le sens des réalités et s'est enfermé dans une forme de soumission totale à nos créations faisant perdre peu à peu ce qui fait notre humanité.

C'est répulsif à bien des égards, je ne le conseillerai pas à grand monde tant c'est particulier et clivant même si par moment cela ne va pas forcément au bout des choses mais j'ai été suffisamment intrigué par le film pour ne pas avoir à le subir comme beaucoup plus que mesure, ce qui fait que je n'ai pas passé un mauvais moment devant sans que cela soit d'une grande satisfaction.

Je peux très bien comprendre que beaucoup trouvent cela trop nawak mais personnellement j'ai trouvé cela intéressant.

A découvrir seulement les curieux plutôt ouverts d'esprit, sinon effectivement mieux vaut regarder autre chose car ce n'est assurément pas pour tout le monde :-)